Lou Paca (1980)

Saint-Tropez, 1988

Décoration murale, 33 x 80 x 11 cm, 2024

Peintre, sculpteur

Qui suis-je ? Je ne le sais pas. Où vais-je ? Je le sais encore moins. La naissance est un mystère dont on ne choisit pas l’étoile, mais si je pouvais choisir où mourir, dans un décor de carte postale du Var, je m’endormirais sous les palmes.

J’aimerais vous raconter que je suis l’héritier de Pablo Picasso et de Brigitte Bardot. Dans mon cœur, oui ; mais non, ce n’est pas le cas.

J’aimerais vous chanter que je suis un juif errant, un “peintre” grec avec une gueule de métèque et des cheveux aux quatre vents. Pour les cheveux, c’est à discuter, mais non — aussi sympathique que ce personnage soit-il — je ressemble peu à cet artiste.

J’aimerais vous dire que je suis né avec une toile dans la main gauche, un pinceau dans l’autre, et que j’ai été façonné au grès. Outre la certitude que je suis un artiste dans l’âme et que, grâce à Dieu, le sens de l’art coule dans mes veines, non, ce n’est pas le cas.

J’aimerais vous dire que je suis un enfant du pays, un enfant du Sud. Que mon enfance a été baignée uniquement par le soleil et les eaux cristallines de la Côte d’Azur. Enfant d’adoption, c’est certain ; mais non, ce n’est pas le cas.

J’aimerais vous dire que ma culture est débordante. Que j’ai énormément appris aux écoles des Beaux-Arts de Barcelone et de Paris. Que j’ai fait des rencontres fascinantes. Mais détestant la discipline et les quatre murs des salles de classe, à mon grand regret, ce n’est pas le cas.

J’aimerais vous dire que j’ai fait le tour du monde. Traversé tous les océans en bravant toutes les tempêtes… Mais hormis les coups de vent difficiles de la vie et les profondes cicatrices visibles sur ma peau tannée par le soleil (mon plus fidèle ami), non, aujourd’hui ce n’est pas le cas.

J’aimerais tellement vous raconter d’histoires, vous faire rêver, mais finalement, avec une franchise crue, presque détestable, il n’y a pas grand-chose à dire d’autre sur mon parcours chaotique, sinon que je suis passionné par la création.

J’aime l’art comme j’aime étaler ma serviette sur le sable chaud des plages qui s’étendent le long du golfe de Saint-Tropez. Je suis, sans prétention désabusée, aussi doué pour peindre et façonner que je le suis pour flâner.

Rien ne me fait plus vibrer que de peindre et de sculpter sous le soleil inépuisable de ma chère et tendre Méditerranée. Même si, en vérité, la création se passe plutôt à l’ombre de mon salon ou dans la pénombre de mon atelier.